vendredi 9 mai 2008

Voyage au pays des fraises

Comme beaucoup d’indiens, nous avons passé un week-end en dehors de la chaleur et de la foule de Bombay, dans une station Hill répondant au nom de Mahabaleshwar. Comme pour toutes ces destinations proches de Bombay et situées dans les hauteurs, l’attraction principale consiste à admirer le paysage du haut des « montagnes ». Mais à Mahabaleshwar ce n’est pas tout ! Cette ville est réputée pour produire les meilleures fraises de l’Etat.

 Nous avons commencé notre visite par une ballade en pédalo sur le lac, puis une visite complète des plus fameux points de vues de la station Hill, coups de soleil en sus. Les paysages sont époustouflants, d’après les plus globe-trotter d’entre nous, il paraîtrait que les paysages s’apparentaient assez à ceux des grands canyons. Evidemment les photos ne rendent rien comparées à la réalité, mais voici, tout de même, une petite idée.





Tout ceci fût, bien entendu, ponctué très régulièrement de dégustation de jus de fraises, de fraises à croquer, de fraises à la crème et tout autres mets à la base de ce divin fruit. Le lendemain après avoir fait un mini caprice auprès des autres pour faire du cheval, j’ai eu ce que je voulais. Comme d’habitude, je me suis tapé le ptit jeune fougueux, mais c’était quand même bien sympat’ puisque j’ai pu galoper presque tout le temps.
 
Seul petit hic, ma monture étant nerveuse, je devais avoir un monsieur cheval derrière moi pour l’arrêter une fois qu’elle était lancée. Le hic n’est pas là, le hic c’est que j’ai surpris le monsieur cheval m’empoigner le sein à deux reprises. Je lui ai dit que c’était des choses qui ne se faisait pas, mais bon… Je suis française, donc facile, donc ce que je dis ne compte pas…
Bref après moult jus et une cargaison de fraise sous le bras, nous voici repartis vers notre home sweet home bombayite. Le trajet du retour ne fut pas de tout repos, puisqu’il faisait environ 40ºC dehors et le pire c’était que l’air que nous pouvions avoir à la fenêtre en faisait 58 ! Un vrai sèche-cheveux. Ca promet pour la suite…

jeudi 8 mai 2008

Holi

Il y a quelque temps de cela, c’était pâques pour les européens. Normalement, je me serais morfondue, en pensant à tout ce chocolat que je n’aurais pas. Mais non, parce qu’ici, c’est Holi ! Qu’est-ce que Holi me direz-vous. Et bien c’est un festival religieux dont je ne connais pas vraiment bien la signification mais que vous pouvez voir ici (http://fr.wikipedia.org/wiki/Holi). Pour les flemmards, en deux mots c’est un père qui voulait tuer son fils, il a pas réussi (ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé), holika en est morte. On allume donc un grand feu le soir et le lendemain on s’envoie plein de poudres de couleur partout, avec de l’eau etc. C’est très marrant, on en ressort méconnaissables. Pour nous, ça a été compliqué. On a voulu fêter ça avec nos copains de classe et en fait, comme ils le fêtaient dans le boys hostel on a pas eu le droit d’entrer parce que c’était interdit aux filles. On s’est rabattues sur notre résidence où l’on a pu bien se marrer avec nos voisins et les enfants. Je pense que rien ne vaut les photos pour se rendre compte de ce que c’était (d’autres viendront plus tard, car bizarrement personne n’a voulu sacrifier son appareil photo numérique dans le jeu, c’est donc à l’ancienne, sur pellicule, que les souvenirs ont été imprimés).

vendredi 11 avril 2008

Le local train


J’attendais à l’emplacement du wagon des femmes sur le quai. Pas de chance c’est le deuxième type de train qui arrive. Je me précipite donc pour atteindre le wagon des femmes 50 mètres plus loin. Je slalome entre les gens qui sortent du train pour me retrouver face a un wagon bondé où déjà 5 femmes sont quasiment dehors, seuls les pieds étant bel et bien dans le train. Mon cerveau ne fait qu’un tour, j’accroche la barre du train et esquive un mouvement pour rentrer. A ce moment-là, je vois une marée de bras se tendre vers moi et m’agripper pour me propulser vers l’intérieur du train. Première étape. Je m’avance un peu mais me retrouve vite bloquée. Je suis comprimée de tous les côtés, j’ai presque du mal à respirer. Ceci est peut-être aussi dû au fait que, les indiennes faisant 1m50 environ, le haut de leur crâne obstrue le passage de l’air dans mon nez*. On me conseille de m’enfoncer plus à l’intérieur. Le souci est qu’à moins d’une organisation méthodique et orchestrée du mouvement, personne ne peut bouger. Je profite donc des quelques secondes, à l’arrêt, où les femmes descendent mais ne montent pas encore pour me diriger vers le côté près de l’entrée des « compartiments » où l’on peut s’asseoir. Je n’ai pas été assez rapide, les furies** se ruent déjà dans le train. Je me retrouve donc encore une fois plaquée entre deux femmes. Une fois le mouvement stabilisé, je profite des enseignements quotidiens prodigués, à mon égard, par les habituées. Je me glisse à l’entrée des compartiments, pour d’abord aller dans le couloir, puis pour attendre entre les sièges, serrée contre les genoux des femmes assises, que les places se libèrent et que mon tour arrive. Mais dans le cas présent de train TRES TRES blindé, l’objectif principal n’est pas de s’asseoir, mais de trouver un endroit où se tenir debout sans que personne ne me touche le haut du corps, si possible dans l’orientation de l’air du ventilateur.

Je profite de ce moment de répit pour préparer mon plan d’attaque pour la sortie. Deux stations avant je commence doucement à me rapprocher du couloir. Ma chance est que une grosse partie des femmes descendent à Lower Parel, ma station, je n’ai qu’à me glisser entre elles et me laisser porter par le mouvement. La petite règle à connaître est qu’il faut se précipiter et ne pas hésiter à donner quelques coups de coude. SURTOUT ne pas laisser les femmes rentrer dans le train, sinon c’est trop tard, on est emporté dans la foule et on ne peut pas sortir.

Résultat d’un trajet de 30 min : 8 litres de sueur, une envie de vomir omniprésente (il fait très chaud, donc les odeurs…) mais une expérience enrichissante, plus jamais je n’aurai peur du métro en période de pointe.



*Et pour ceux qui me connaissent bien, vous savez à quel point l’odeur de cheveux me DEGOUTE (chacun ses TOC)

** Et je n’exagère pas : j’en vu une se retourner pour envoyer un coup de griffe à une autre !

dimanche 30 mars 2008

Big Brother is watching you

Grâce à un outil formidable d’espionnage, je peux voir le trafic sur ce blog, ainsi que les moyens pour y arriver. En exclusivité, quels ont donc été les mots clés tapés dans google pour parvenir chez moi*. On remarquera que malgré le caractère très peu pornographique de ce blog, j’ai eu le droit à de nombreuses requête de mâles en quête de réconfort : Thailand pute bon marcher (on ne notera pas l’orthographe quelque peu douteuse de cet homme pressé), Grosse pute thai age 40 (Ca c’est de la précision), Mais trans je nique ( même en trans tu arrive à copuler ?), Regarder les culottes blanches toute transparente gratuite (tu as trouvé ton bonheur ici, ne cherche plus), masseuse devetue (tous les bons plans pour avoir du plaisir en Thailande sont là apparement) et pour finir 2 requêtes similaires, Gay kerala inde/Gay cochin inde. Dans la série requêtes très étranges nous avons : Reconnaître poil éléphant, Temps de décomposition d’un rat mort (j’essaye encore d’imaginer quel est l’utilité de ces informations), Comment une overdose arrive (comment es-tu arrivé ici jeune lecteur, je ne sais pas), Blog d’onomatopés (BAM, PAM, ZWIP), Il sent une odeur (c’est souvent ce qui arrive). Nous avons aussi quelques fétichistes de la patate : Stage pour patate, Peau éléphant sur patate ( ???). Dans la catégorie je-ne-sais-pas-écrire le grand gagnant est Spiturealité inde (S-P-I-R-I-T-U-A-L-I-T-E mon ami). Et pour finir des fans : Photo agathe en thailande (j’espère que tu as trouvé ton bonheur), Agathe est bete (Cher lecteur c’est celui qui dit qui l’est).



*Clara je t'ai lâchement copié, je te prie de m'en excuser.

vendredi 28 mars 2008

Ca bosse dur ! (part 2)


Ce qui est sympa au bureau, c'est que toutes les principales religions sont représentées. 2 hindoues, 2 juifs, 1 catholique et 1 musulmane.
Régulièrement et en tout respect de la religion d'autrui, c'est à chacun son tour de présenter des aspects de sa religion.
Autant dire que le sujet de mon orientation religieuse a été très rapidement abordé. A la question, j'ai répondu que j'étais plutôt juive puisque ma mère l'était mais que mon père était également catholique. Mes collègues m'ont donc directement dit : "ahh tu es judéo-catholique". Là il a fallu expliquer en douceur qu'en fait non, je n'étais pas pratiquante voire même pas vraiment croyante... Alors autant le concept d'être juive à tendance catholique était complètement acceptable autant le fait de ne pas être croyante complètement inconcevable : "Non je te demande qui tu vénères !!" J'ai réussi, je ne sais comment, à me dépatouiller à peu près de la situation.
Puis on a parlé mariage, elles m'ont expliqué tout le rituel du mariage en Inde et m'ont donc demandé comment moi j'allais me marier. Et là je n'ai pas eu le coeur de leur dire : "bah tu vas à la mairie, tu signes un papier et on est bon". Je m'en suis sortie en esquivant par la généralisation de type "en France beaucoup de gens sont catholiques et se marrient à l'Eglise comme Brenda (la catholique)"...
Je sais je suis lâche.

jeudi 27 mars 2008

Ca bosse dur ! (part 1)


Depuis un mois maintenant, je suis en stage. C’est une petite structure, pour changer, et l’avantage majeur, que j’avais déjà pu remarquer, est que les liens se tissent bien plus vite. Je me suis donc très rapidement fait deux copines de mes collègues indiennes. Comme une fille reste une fille quelque soit le pays, on papote, on cancane, on parle mode et cheveux bref discussions basiques entre collègues de boulot.

Cependant, grâce à elles, j’en apprends plus sur l’Inde que depuis le début de mon séjour.

Pour commencer la série (elle risque d’être longue) je vais vous conter l’histoire de celle qu’on appellera « Caquette ».

Dès mon deuxième jour dans l’entreprise, elle m’annonçait, la voix emplie de fierté, l’œil brillant qu’elle était mariée, mais pas n’importe quel mariage : « a love marriage ».

Hier, alors que nous étions seules au bureau, elle m’a expliqué plus en détails.

Alors qu’elle flirtait depuis 8 mois avec un garçon en secret, son frère l’appelle quand elle était avec lui. C’était le jour de son anniversaire. Prise d’une soudaine bravoure elle lui raconte tout : le garçon, la liaison qui dure etc. Caquette n’est pas mariée et vient d’une famille de la classe moyenne originaire du Gujerat. Elle vit donc encore chez ses parents et, comme son père est mort, c’est le grand frère qui tient la maison. Après cet épisode téméraire, son frère la convie, accompagnée de son amourette au foyer familial. S’ensuivent donc les présentations officielles avec demande de mariage à l’appui. Un coup de tête me dit-elle, « c’est le destin ».

Une fois seule avec sa famille, son frère, marié d’un « love marriage » également, lui refuse solennellement cette union. Pour elle ce sera un mariage arrangé point barre. Pourtant il est d’une caste supérieure, il a un emploi, une bonne famille… Mais non il est Penjab et vit dans un quartier peu fréquentable à Bombay (attention on ne parle même pas d’un bidonville) et de toute façon la question ne se pose pas, son père aurait préféré un mariage arrangé, ce sera donc un mariage arrangé ! Mais Caquette ne l’entend pas de cette oreille, c’est lui elle le sent, de plus, comme elle, il est mangalic (astrologie) et elle arrive dans la période où les étoiles avaient prédit son mariage. A eux deux, ils organisent toute la procédure du mariage (rôle supposé des parents) : réservation de la salle, traiteur, achat du sari et surtout trouver un toit où ils habiteront après leur mariage. Seule la mère de Caquette la soutient dans cette entreprise, son frère l’a annoncé, il ne viendra pas au mariage et donc le reste de la famille non plus. C’est donc dans un stress permanent qu’ils envoient les invitations, réservent la salle et préparent la cérémonie. 4 jours avant le mariage, ils trouvent enfin un appartement correct, dans un quartier acceptable à un loyer abordable. La veille du mariage, le frère annonce qu’il viendra. D’après Caquette, plus pour faire bonne figure auprès des voisins que pour elle. La belle-famille viendra elle aussi mais avec de menus présents. Le mariage de Caquette n’a pas été le plus beau jour de sa vie, mais maintenant quand elle a l’occasion de raconter son histoire, elle est fière d’avoir été jusqu’au bout. On sent bien qu’elle reste quelque peu traumatisée et que jamais elle ne pardonnera à son frère ou à sa belle-famille. Pas facile d’être amoureuse en Inde…

Et le comble de cette histoire, c’est que Caquette a rencontré son mari par … un site de rencontre ! Quand on vous dit que l’Inde est un pays entre modernité et tradition…

mercredi 12 mars 2008

Etre francaise en Inde

Etre française et blanche en Inde a des avantages comme des inconvénients. Petit bilan après 8 mois de la vie d’une frenchy à Bombay :


Les pours :
- C’est, il faut l’avouer, le fait d’être perçue comme canonissime par à peu près 90% de la population est assez gratifiant.
- C’est avoir la possibilité d’être VIP dans plusieurs endroits sans bouger le moindre petit doigt.
- Je ne le répéterais jamais assez, c’est gagner de l’argent facilement (être hôtesse)
- C’est des gens adorables qui viennent te parler dans la rue pour savoir d’où tu viens, si tu aimes leur pays etc.
- C’est aussi, dans le train, être prise sous l’aile d’une dame indienne qui s’occupe de réserver ta place, qui te demande où tu veux aller et t’indique ensuite quand est ta station et évite au maximum (c'est-à-dire quasiment pas) de te bousculer
- C’est aussi avoir un pouvoir d’achat absolument disproportionné


Les contres :
- C’est avoir un niveau catastrophique en anglais (merci l’apprentissage made in France)
- C’est ne pas supporter une variation de température de plus de 10°C (25°C-35°C)
- C’est se faire beaucoup arnaquer, et ne rien pouvoir y faire
- C’est se faire mater dans la rue 24h/24 , 7j/7 et se faire tripoter dès qu’il y a la moindre opportunité
- C’est croiser ses jeunes voisins dans l’escalier, et dès que je les ai dépassés entendre des ricanements débiles
- C’est Flavien qui doit expliquer aux gars de notre classe (pourtant éduqués normalement) que non, il ne suffit pas de demander gentiment à une française pour qu’elle couche avec toi…